Le Vendredi 12 Novembre,
Je vais finir par faire une connerie si je reste dans cet état, donc j'ai décidé de me faire un journal (cet objet ci) afin de mettre sur papier mes sentiments, et de comprendre un peu ce que je ressens, pouvoir m'en sortir, j'ai suivi le conseil d'une amie.
Bon, pour résumer, Mardi dernier (le 9 Novembre) le décès de mon copain Thomas a été prononcé à 16h00..
Si on veut entrer dans les détails (ce que moi je veux) voilà ce qu'on peut dire :
Samedi soir vers les 18h, il rentrait de chez moi sur son scooter, à un rond-point une voiture l'avait pas vu et l'a touché, il est tombé sur la route. Ensuite une autre voiture... Je n'ai pas vu ce qui c'est passé, mais je l'ai vu lui à l'hôpital environ 3heures après quand il sortait de la salle d'opération, mais lui ne m'a plus vue. Il ne m'a plus jamais vue depuis Samedi 17h45, ça m'a fait beaucoup de mal de le voir dans cet état...défiguré, plâtres, bandages, respirateur, tuyaux et un léger bip sur un écran à chaque fois que son c½ur battait. Il me disait souvent « mon coeur ne s'arrêtera de battre qu'après avoir connu une vie heureuse avec toi », mais quelqu'un l'a empêché de tenir cette parole. Je lui avais répondu ce jour-là « le mien ne pourrait plus battre sans que tu souffles dans mon oreille, que tu m'embrasses, que tu me serres fort..
Voilà ce que je peux dire, même si certains passage je n'arrive pas à les écrire car ils sont trop durs, et que d'imaginer ça me fait mal. En parlant de ce qui me fait mal, je suis obligée d'avouer certaines choses dans ce journal. Certains disent que les personnes sont niaises de pleurer quelqu'un qui est mort, qu'il faut passer à autre chose, moi aussi je le disais. Mais là je suis complètement démolie, je pleure environ 40minutes par heure, je n'ai pas dormi depuis Samedi plus de 10minutes d'affilée, et encore c'est parce que j'étais trop fatiguée de pleurer. Là encore je n'arrive pas à dormir, comme le prouve ce journal, que j'écris à 23h45. Je ne vais plus en cours, de voir ses amis baisser les yeux quand ils me regardaient ça me faisant encore plus de chagrin, j'ai pas tenu 5minutes en cours Lundi sans me mettre à trembler et pleurer, c'était une des rares fois depuis deux ans que ce n'était pas lui à côté de moi.
Deux ans, je crois que c'est la durée totale que l'on a été ensembles, les deux plus belles années des 18 que j'ai vécu. On s'était rencontrés à la rentrée en seconde, je ne connaissais personne car je venais d'emménager, il a laissé tomber ses potes pour se mettre avec moi dès le premier jour. Je n'oublierai jamais le premier sourire qu'il m'a lancé quand il m'a vue toute seule et s'est mis avec moi. Environ 1mois après, le 1er Novembre on avait pas cours bien sûr, et on est allés au cinéma ensembles. Je lui ai dit que j'avais froid, et tout doucement en me souriant comme au premier jour il a pris ma main, je ne l'ai plus lâchée ce jour là avant qu'on doive se quitter. Le lendemain au matin il est allé vers moi, et au lieu de me faire la bise comme tous les jours, il m'a embrassée.. un tout petit bisou, mais ça m'a fait l'effet d'un vertige, mes jambes ont tremblé et je marchais bizarrement après il m'a dit.
On ne s'est jamais disputés, on se comprenait toujours, ce jour-là n'a pas changé tant de choses que ça, car dès le départ on était très proches, ce qui a changé c'est que nous le montrions, et que je pouvais l'embrasser et le prendre dans mes bras quand je le voulais. Sans écrire tous les détails, je dois dire que tout s'est fait naturellement, et je ne regrette rien de ce que j'ai vécu et découvert avec lui, faire notre vie ensembles était notre rêve à tous les deux, on avait tout prévu, chercher des crédits, un logement, et si tout s'était passé bien, l'année prochaine on aurait eu notre appartement à nous. Mais encore une fois, quelqu'un a empêché que tous nos projets se réalisent.
Le Samedi 13 Novembre,
Encore sur les conseils d'une amie je suis allée voir sur un site pour parler avec d'autres personnes qui auraient vécu des choses comme moi, caramail. Que des folles suicidaires, qui dépriment à cause d'un garçon qui sort avec Linda au lieu d'elles, ou parce que Shelinda a des plus gros seins et elles des petits, rien de concluant ni d'intéressant comparé à ce que j'espérais. Il y a quand même un garçon qui est sorti du lot, moins stupide que la plupart, peut-être qu'il saura me faire retrouver le sourire avec ses histoires drôles. Il m'a également présentée une fille au moins autant intelligente que lui et de sa classe, et je dois bien avouer que cette fille est une fille bien, elle semble me comprendre mieux que personne.
J'ai coupé mon portable aujourd'hui, je peux plus supporter les messages de réconfort venant de tout le monde, je veux pleurer seule, essayer de faire mon deuil pour pouvoir repartir comme neuve... Mais ça sera difficile.
Le Mardi 16 Novembre,
Une semaine, et j'ai mal comme si c'était hier, hier en découpant une pochette cd j'ai pensé à me couper les veines avec les ciseaux. Je vais aller tous les jours le voir, même si la pierre est froide, c'est le seul objet qui représente ce qu'il est maintenant. J'aimerais doucement m'endormir, le retrouver, revenir dans ses bras si confortables...
Notre premier anniversaire, en fait la première semaine, et oui on ne ratait pas une seule occasion pour fêter notre relation, c'était donc le 9 Novembre il y a deux ans, un peu plus, rien qu'un peu plus de deux ans, il m'avait fabriqué un coeur avec du carton, c'était absolument horrible, et quand je l'ai vu j'ai pas pu m'empêcher de rire, et de lui dire que je trouvais ça assez minable. Et là il m'a dit quelque chose du genre : « j'ai hésité entre te fabriquer quelque chose ou t'acheter un objet habituel, mais j'ai pas envie qu'on tombe dans la routine, ce coeur tu peux être sûre que seule toi tu l'as, et s'il te fait rire, au moins c'est un souvenir heureux ». Il a toujours des phrases de ce style, il sait rendre magnifique une chose banale, il parle de tout avec une légèreté spéciale, il aurait presque été capable de me faire rire à son enterrement. En écrivant ça j'ai enfin un sourire, mais je pleure en même temps, des larmes chaudes, sans frissons, comme celles qu'il provoque souvent chez moi lorsqu'il me dis des choses tellement sincères et émouvantes que je peux pas me retenir.
Je n'ai plus que ça de lui, mes souvenirs, je pleure mais il n'est plus là pour essuyer ma joue et me rassurer par un bisou tendre comme il sait les faire. Le jour où je ne me souviendrai plus de ces souvenirs j'aurais tout perdu, je l'aurai définitivement perdu, je ne veux pas.
Le Mercredi 24 Novembre,
Je dois réussir à me relever de ce coups affreux du destin, je dois réussir à vivre avec cette force qu'il m'a donné, et pas mourir silencieusement sans accomplir les grandes choses qu'il espère pour moi.